Catalogue Formation 2010

Actualités Formation

Actualités Management

Évolution de la législation

Parité en entreprise : La France très en retard mais des perspectives positives.

dimanche 15 mars 2009



En France, deux tendances de la population active féminine se côtoient :

L’augmentation des emplois qualifiés féminins, attestée par la progression du nombre de femmes cadres,

mais aussi, pour un grand nombre d’autres, un renforcement de la précarité pour des postes peu ou pas qualifiés.(1)


Au cours des quatre dernières décennies, la population active s'est largement féminisée mais de manière très inégalitaire (1)

Entre 1971 et 2006, la population active féminine est passée de 7,6 millions à 12,8 millions, tandis que la population active masculine oscillait entre 14 et 15 millions.

Cette évolution s’est accompagnée d’une spécificité française illustrée par un taux d’activité des femmes particulièrement élevé dans la tranche d’âge de 25 à 49 ans : 85,6 % en 2006.

Malheureusement, la moitié des emplois des femmes se concentre sur 11 des 86 familles professionnelles : Agents d’entretien, enseignants, vendeurs, employés administratifs catégorie C, employés administratifs d’entreprise, secrétaires, aides soignants, infirmiers, aides à domicile, professionnels de l’action sociale, assistants maternels.
Ces 11 familles ne regroupent que 12% des emplois masculins.
Et si plus de 75% des employés sont des femmes, ce n’est le cas que de 37 % des cadres et professions intellectuelles supérieures.

Globalement, les femmes ne forment que 17,1 % des chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus. Quant aux métiers d’ouvriers, ils sont très majoritairement occupés par des hommes : c’est le cas de plus de 82 % d’entre eux.

Plus de 82 % des actifs à temps partiel sont des femmes, plus de 30 % des femmes concernées travaillent à temps partiel parce qu’elles n’ont pas trouvé d’emploi à temps complet.

Une forte différenciation sexuelle se perpétue au travers de la répartition dans les filières de formation puis, pour les moins favorisées par un renforcement de la ségrégation professionnelle dans des emplois peu qualifiés au statut précaire souvent subis faute de mieux.

Ainsi que le relevait le rapport coordonné en mars 2005 par Mme Françoise Milewski sur « Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité », au cours des dernières décennies, l’essentiel de la variation du taux d’activité des femmes est à imputer au temps partiel.

La part des femmes progresse dans l’encadrement sans vaincre des inégalités persistantes.

Alors que les femmes sont plus diplômées que leurs collègues masculins - 46% des femmes ont au moins le baccalauréat contre 41% des hommes - les femmes sont toujours victimes d'inégalités en matière d'accès au travail, de rémunération ou de déroulement de carrière, selon la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) (4)

Entre 1982 et 2006, la part des femmes a progressé de façon importante parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures. Dans une proportion toutefois moindre que le taux de féminisation des diplômés de l’enseignement supérieur, et sans pour autant parvenir à vaincre des inégalités persistantes. (1)

D'après le cabinet Towers Perrin, les comités exécutifs du CAC 40 comptent 6,3 % de femmes, et 46 % des sociétés du CAC 40 n'ont aucune femme dans leur comité exécutif. (3)

Selon une enquête du cabinet Capitalcom, la part des femmes recule même en 2009 de plus de 3 points dans les effectifs des Groupes du CAC 40 pour s’établir à 30,9 %, (contre 34,2 % en 2008)

D’après la récente étude du cabinet Grant Thornton, la France est très en retard puisque 52 % des entreprises françaises n’ont aucune femme faisant partie de leur direction générale, contre 34 % dans le monde entier. (5)

Malgré un dispositif légal très étoffé, les inégalités salariales persistent, notamment chez les cadres.

Les hommes gagnent 27% de plus que les femmes, selon une étude du ministère du travail publiée en 2008. Pourtant, la loi du 23 mars 2006 relative à l'égalité salariale prévoit qu'en 2010 les écarts de salaire entre les hommes et les femmes soient supprimés. (4)

Ce sont les femmes cadres qui sont les plus touchées par les inégalités
.
« Plus vous montez dans les responsabilités, plus les écarts se creusent » confirme Sophia Belghiti, maîtresse de conférence à l’Université Montpellier. (1)

L'enquête 2008 de l'Observatoire de l'emploi des ingénieurs diplômés montre que l'écart de salaires pour les ingénieurs débutants est de 7,5 % entre hommes et femmes. (3)

Le différentiel se creuse avec le temps : alors que les écarts de rémunération à l’embauche sont en général inférieurs à 10 %, les hommes touchent déjà 18 % de plus à 30 ans et 27 % passé 35 ans. (1)

Même dans la fonction publique où la part des femmes n’a cessé de croître au cours des vingt dernières années pour atteindre plus de 59 % en 2006 dans les trois fonctions publiques, elles restent sous représentées dans l’encadrement supérieur.
Les postes de cadres de la fonction publique sont occupés à 56 % par des femmes, elles sont moins de 16 % dans les postes de direction, alors qu’elles constituent plus de 25 % des « viviers de nomination ». (1)

Dans un article intitulé « Les femmes cadres seraient-elles désintéressées ? » l'Apec pointe d’ailleurs les conditions favorables à l'évolution des salaires des cadres et démontre que les hommes s'en sortent mieux que les femmes.

Les femmes cadres ont été moins nombreuses que leurs homologues masculins à déclarer avoir été augmentées en 2007. Lorsqu’elles l’ont été, elles ont moins souvent bénéficié d’augmentations individuelles. Si la différence entre la part des femmes augmentées et celle des hommes est faible pour les moins de 30 ans, elle s’accroît avec l’âge des cadres. Et changer de poste n’y fait rien. La mobilité interne apparaît moins favorable aux femmes du point de vue de la rémunération, quand bien même elle s’est accompagnée d’un accroissement des responsabilités. (2)


De nouvelles perspectives s'ouvrent cependant en faveur de la parité.

Fondatrice de l'association Arborus, qui agit en faveur l'égalité professionnelle, Cristina Lunghi est à l'origine du Label Égalité qu'ont déjà obtenu 45 entreprises. «Si l'on se réfère à la représentation des femmes dans les instances de direction, elles étaient 17 % en 2003 dans les entreprises qui ont depuis été labellisées et 23 % en 2006», observe-t-elle dans le Figaro. (3)

D'autre part, d'après la conclusion d'un article du site :
"Selon l'ORSE, Les hommes, surtout les plus jeunes, ont la volonté de s'impliquer dans une paternité relationnelle et quotidienne, de mieux articuler vies professionnelle et personnelle, et d'introduire plus de flexibilité dans leur organisation du travail. Une évolution qui favoriserait l'égalité homme-femme ?"

Plus prosaïquement, les inégalités diminueront sans doute parce que les entreprises y verront enfin mieux leur intérêt en ces temps d'incertitude.

Ainsi, Christine Raynaud,présidente de Hudson Europe, estime dans le Figaro (3) que "Les femmes ont peut-être une carte à jouer, leurs qualités d'empathie et d'ouverture sont utiles en temps de crise".

Huston vient d'ailleurs de publier une intéressante étude (7) qui démontre que les femmes seraient de meilleurs leaders que les hommes, si on leur permettait de capitaliser sur leurs propres points forts : l’ouverture d’esprit, le sens du consensus, et l’ouverture au changement.



Sources :
(1) Rapport de la documentation française
(2) APEC Les salaires des femmes mars 2009
(3) Le Figaro « Où sont les femmes ? »
(4) Le Figaro « Les entreprises préfèrent les hommes »
(5) Grant Thornton – Télécharger l’étude.
(6) INSEE, enquête emploi 2006, calculs DARES. La concentration des femmes dans certains emplois en 2006
(7) Etude HUDSON "
Les femmes pourraient se révéler de meilleurs leaders dans les entreprises d’aujourd’hui"


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 

2009 ·TerraNueva Info by TNB