Les émotions sont donc sources du mouvement et de l’action.
Le mot "émotion" a la même éthymologie que le mot "motivation".
"À partir de la conscience de ses émotions, on peut développer une autre facette fondamentale de l’équilibre émotionnel: la capacité de se maîtriser, de résister aux tempêtes intérieures et de pacifier son esprit. Sans émotions, soyons francs, la vie est ennuyante! Mais trop abondantes, extrêmes et persistantes, elles nous submergent. C’est la dépression, l’angoisse ou la fureur. Il y a beaucoup à gagner en apprenant à contenir ces orages intérieurs et à s’apaiser seul. Lorsque la tempête se calme et que l’on y voit plus clair, le temps est propice pour régler les conflits ou prendre des décisions." (1)
Qu’est ce qu’une émotion ?
Une émotion est une réponse physiologique à une stimulation extérieure.
Notre éducation, nos préceptes moraux ainsi que les codes sociaux auxquels nous avons appris à nous conformer nous condamnent souvent à ne pas exprimer nos émotions, allant même parfois jusqu’à nous couper de nos ressentis.
Or, tout notre équilibre psychologique dépend de la réponse adaptée que nous apportons à l’émotion ressentie et au besoin psychologique qu’elle recouvre.
L’expression d’une émotion bien gérée se déploie en 3 temps :
- la charge : phase d’alarme
- la tension : phase de résistance
- la décharge : phase d’ajustement et d’expression
Chaque émotion ayant une fonction particulière dans l’organisme, elle se caractérise par une tension spécifique et une décharge spécifique.
C’est la perception du stimulus et son interprétation immédiate qui déclenche la charge émotionnelle.
L’expression de l’émotion (décharge) est censée veiller à notre préservation, car c’est cette réponse adaptée qui permet au corps de revenir à son état d’équilibre.
Toute émotion est un vécu subjectif, une sorte de clignotant.
Toute émotion est une information sur soi, sur le sens que l’on attribue à une situation.
Toute émotion est une information sur soi, sur le sens que l’on attribue à une situation.
Les quatre émotions de base.
La peur :
Elle est utile et saine face à un danger ou face à l’inconnu mais pas devant l’injustice, la frustration ou l’autorité. Elle décuple nos forces physiques et psychiques. En état d’ultra-alerte nous sommes prêts à affronter le danger ou à fuir le plus loin possible. S’il n’y a pas d’échappatoire, la terreur peut nous envahir et nous inhiber.
La colère :
Elle est appropriée en cas de frustration, d’injustice, de blessure physique ou morale ou bien de non-satisfaction de nos besoins fondamentaux. C’est une émotion de réparation qui restaure l’intégrité de la personne blessée ou offensée. Elle exprime un besoin de réparation. La colère n’est pas de la violence qui elle, ne répare rien bien au contraire, attire les persécuteurs ou les agresseurs. Une forte colère peut demander une décharge physique pour libérer les tensions.
La tristesse :
C’est une émotion déclenchée par la perte, la séparation. Ce peut être la perte d’un être cher, d’un lieu, d’un objet ou autre. La perte crée en nous un vide. La tristesse permet un travail d’intégration et d’acceptation de la réalité. Elle est donc saine lorsque l’on vit un « deuil » mais ce n’et pas une réaction adaptée face à une injustice ou une blessure.
La joie :
Elle accompagne les moments de partage, une réussite, un succès, un moment de parfaite adéquation entre sa vie et ses valeurs profondes. Liée au plaisir de donner et de partager, cette émotion se manifeste lorsque l’on se sent exister, en communion avec une personne, la nature, l’univers… La joie surgit des profondeurs de l’être. Elle est expansive et gagne à être partagée. Elle peut être communicative et s’exprime de différentes manières.
Emotions, signal, besoins psychologiques
Peur : signal de fuir, de s’éloigner => Etre rassuré / Protection
Colère : signal d’attaquer, d’aller contre => Etre respecté / Changement
Tristesse : mouvement de retrait, de repli sur soi => Etre consolé / Réconfort
Joie : signal d’ouverture, d’aller vers => Etre aimé et apprécié / Maintien ou partage
Intervertir les réponses et en donner d’autres non-adaptées au besoin psychologique
est source de sentiments négatifs.
est source de sentiments négatifs.
Les sentiments parasites
Les sentiments parasites sont des réactions émotionnelles dues soit à une mauvaise interprétation de la réalité, soit à des émotions refoulées, déplacées ou transformées.
Ces réactions parasites ne sont pas appropriées mais trouvent souvent leur logique dans notre histoire personnelle. Liés à des expériences passés, ces sentiments parasites peuvent entraîner des réactions inappropriées au présent.
Les réactions élastiques sont une réactivation d’émotions refoulées dans la passé. Elles surgissent lorsqu’une situation et/ou une personne nous rappellent peu ou prou un événement ou une personne qui les ont suscitées dans le passé.
Les sentiments de substitution s’expriment en lieu et place d’une émotion de base pour des raisons diverses (peur - morale – culture). L’éducation traditionnelle en particulier, qui encourage les petits garçons à ne pas pleurer et réprouve la colère chez les petites filles, provoque le recours systématique à ces sentiments de substitution à l’âge adulte.
Les mécanismes de projection consistent à attribuer à autrui les affects, le sentiment, le défaut, le problème que nous refusons de voir en nous-mêm. Un jugement ou une insulte parlent en fait de la personne qui les prononce. Derrière chaque insulte ou chaque jugement, se dissimule un besoin insatisfait ou une blessure non réparée. Il s’agit en réalité d’un mécanisme de défense.
Les timbres sont l’accumulation de petites blessures, vexations, contraintes, émotions non exprimées et refoulées. Une « collection » peut se constituer en quelques semaines, mois ou années. Quand le vase est plein, une petite goutte peut le faire déborder ce sera l’explosion qui intervient de manière inattendue et incompréhensible pour les autres.
Gérer positivement ses émotions
Bien gérer ses émotions, c’est bien gérer les séquences « charge, tension, décharge, relaxation ». Il est donc important de bien comprendre les causes de l’émotion et d’adapter notre comportement.
La colère est l’indice qu’un de nos critères personnels a été violé. Elle est liée à une impuissance face à une personne, un objet ou une situation.
Son expression vise à faire cesser le fait gênant.
Les actions à mettre en œuvre peuvent être :
- - redéfinir les modalités de la relation avec autrui
- - réajuster sa propre perception de l’événement
La tristesse nous indique qu’il faut changer de cap.
Son expression vise à obtenir du réconfort
Les actions à mettre en œuvre peuvent être :
- - demander consolation à ses proches
- - s’isoler et aller au bout de sa tristesse
- - travailler à la distanciation par l’image
La peur exprime le sentiment de ne pas être capable de.
Son expression vise à obtenir du courage
Les actions à mettre en œuvre peuvent être :
- - se questionner sur ce que j’attends de la situation
- - se questionner sur les conséquences réelles et objectives de l’échec
La joie est un moteur et un aimant relationnel. Les émotions négatives bloquées empêchent la joie de s’exprimer.
Gérer sa joie, c’est la laisser se charger, se sentir en tension dynamique et oser l’exprimer par des mots, des gestes ou des rires.
Ne pas partager sa joie fait disparaître celle-ci. Son expression vise à partager et amplifier le sentiment positif.
Les conséquences d’une mauvaise expression des émotions
La colère
La colère est une énergie qui sort. Elle part des viscères et se propage vers l’extrémité des membres. Si la colère ne peut se décharger, elle reste au stade de la tension dans les viscères et peut se traduire par des douleurs et tensions musculaires ou des maux de ventre ou de reins.
Mal exprimée, la colère peut se retourner contre la personne elle-même qui se sent alors déprimée, passive, dépassée par le poids trop lourd de toute cette colère rentrée, sans énergie.
La tristesse
La tristesse est un processus de deuil en même temps que de réparation qui nous permet de réorienter notre énergie.
La tristesse est une expression corporelle qui part du bassin, remonte au plexus, atteint la gorge qui se serre et se termine aux yeux. Une bonne façon de gérer la tristesse est de lever l’interdit sur les larmes. Pleurer est bon pour la santé psychologique et permet un stress tonique.
La tristesse est inhérente à la vie sociale de l’homme puisque les relations affectives, les projets collectifs, conduisent à des séparations et des ruptures.
Dominer sa tristesse, nier son chagrin, refuser de laisser paraître sa tristesse, c’est se priver de surmonter positivement son stress.
La peur
La peur est une énergie qui "rentre". Une personne qui a peur aura froid aux extrémités des membres, elle peut souffrir de migraine sans savoir exactement ce qu’elle craint. Les yeux s’agrandissent, l’ouïe devient plus fine, la lumière peut gêner. La peur active le mécanisme de fuite et maintient la personne « sous tension ».
Pour éviter une amplification du phénomène qui peut conduire à la phobie, la peur et la demande de soutien doivent être exprimée.
La joie
La joie libère dans l’organisme des endorphines euphorisantes, elle permet de mobiliser les ressources habituellement inhibées, donne un sentiment d’énergie et de puissance et permet d’évacuer au jour-le-jour la tension négative engrangée.
Ne pas pouvoir exprimer sa joie, c’est la faire disparaître et se priver de cette énergie positive.
Plus nous sommes sensibles à nos propres émotions,
mieux nous pouvons décoder celles des autres.
Cela s’appelle l’empathie. (1)
mieux nous pouvons décoder celles des autres.
Cela s’appelle l’empathie. (1)
(1) http://www.scp.umontreal.ca/visavies/v12n1.pdf







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