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22 janvier 2009

Les nouvelles formes de conflits du travail


La dernière grève des cheminots qui a paralysé le trafic SNCF sur l'ensemble de la gare Saint-Lazare a surpris par son ampleur.

Alors qu'il y a peu, les médias relayaient l'idée de la baisse des conflits sociaux, cette grève nous donne l'occasion de nous interroger sur la nature des conflits du travail dans un contexte économique plus que morose.

Il ressort de notre analyse que la réalité est plus nuancée et que d'autres formes de "résistance" des salariés se font jour avec tout autant, si ce n'est plus, de dommages pour l'entreprise.


Des conflits de travail en forte baisse depuis les années 70 pour des raisons diverses :


La détérioration de la situation économique est sans doute la première cause de l'atténuation de leur nombre : le chômage, lié au ralentissement de la demande, est devenu la préoccupation essentielle qu'affronte le salariat. Face à ce problème, il est peu efficace de menacer de bloquer provisoirement la production.

Un changement dans l'organisation de la production
, dont les conséquences sociales sont très importantes : les ouvriers sont passés de 38% à 24% de la population active depuis 1975, les grandes entreprises reculent au profit des PME, dans lesquelles l'implantation syndicale est moindre.

Les nouveaux modes de gestion, l'individualisation des rémunérations, jouent également contre la grève, car ils ont tendance à diviser les salariés.

La multiplicité des statuts, en particulier le fossé séparant les salariés permanents des salariés précaires, ne facilite pas non plus l'action collective, car les salariés n'ont pas tous les mêmes intérêts.

La mondialisation
peut aussi expliquer l'atténuation des conflits du travail. Les grèves devraient devenir mondiales. Mais il n'existe pas d'organisation internationale efficace des salariés d'un même secteur.


Mais un recul des conflits nettement renforcé par des modes de calcul inappropriés.

La position moyenne de la France en Europe vient de ce que les conflits dans la fonction publique sont ignorés dans le cas de la France et pris en compte pour la plupart des autres pays. En corrigeant les données pour les rendre comparables, la France est l'un des pays d'Europe dans lequel les grèves sont les plus nombreuses, bien plus qu'au Royaume-Uni, en Suède ou en Allemagne.

Les données sont très incomplètes
, car elles ignorent les fonctions publiques hospitalière et locale (soit la moitié des fonctionnaires environ): les grèves des traminots ou des infirmières ne sont pas comptabilisées.Les grèves dans les entreprises publiques sont également mal mesurées.

Dans le secteur privé
, les grèves étaient jusqu'à récemment comptées par addition des déclarations faites par les inspecteurs du travail. Mais une étude de Delphine Brochard (3), de la Dares (ministère du Travail), a montré les lacunes de cette méthode.

Le nombre de conflits est donc très sous-estimé. La sous-estimation du nombre de journées de grève est cependant moindre que celle du nombre de conflits, car ce sont surtout les conflits affectant les PME qui sont ignorés. Encore plus gênant: la sous-estimation du nombre de jours de grève augmente avec le temps, ce qui fausse les comparaisons dans la durée. Une étude récente estime que trois quarts des journées de grève n'étaient pas recensées en 2004, contre la moitié en 1992.


Et une évolution des modalités d'actions utilisées par les salariés.

Les enquêtes Réponse et Acemo observent la remontée des conflits depuis une quinzaine d'années et, surtout, une évolution des modalités d'action utilisées par les salariés, notamment une montée des situations conflictuelles sans arrêts de travail.

Le conflit s’exprimerait davantage sur des bases individuelles ou inter individuelles.

Le débrayage (*) d'une durée inférieure à une journée est un mode de conflit qui échappe au comptage des inspecteurs du travail : du fait de l'absence de stocks, un mouvement, même bref et minoritaire, réduit immédiatement la production.

Le refus des heures supplémentaires est une forme de protestation nouvelle, particulièrement intéressante dans le contexte actuel.

Un certain passage du conflit collectif au conflit individuel, qui se manifeste par la montée du recours aux prud'hommes et par une augmentation de l'absentéisme.

Le recours aux pétitions est également en hausse. Les pétitions voient leur efficacité renforcée par le souci croissant des entreprises de leur image.



Les affirmations présentant le déclin des c
onflits du travail comme évident et inéluctable sont fausses.
Ainsi il ne faut pas confondre retrait et désengagement, ce que seul permet dans chaque cas une analyse fine du terrain.



Extraits de l'article d'Alternatives économiques.
La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine - Editions Ed. du Croquant
Absentéisme au travail : l'absence comme moyen de rétablir l'équité lors d'iniquités perçues.
Le conflit du travail : sa transformation et ses nouvelles formes de gestion et de régulation


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2 janvier 2009

Meilleurs voeux et histoire de fou pour commencer l'année


La cabinet TerraNueva vous souhaite une bonne année 2009 !


Il existe un exercice que nous pratiquons en formation et qui se nomme la "dictée du fou".

Le but est de faire prendre conscience aux participants qu'aucune solution collective ne peut être trouvée si chacun se fonde sur ses valeurs et convictions personnelles et que sur certains sujets - ceux qui en particulier font appel à nos émotions - il faut d'abord se mettre d'accord sur un "champ de références commun" qui guidera notre réflexion AVANT de vouloir agir aussitôt sur le sujet.

C'est une méthode (qui devrait être) classique pour résoudre les conflits en entreprise. Elle peut être étendue à tous les domaines de la vie sociale.





Le fou

Une jeune femme mariée, délaissée par un mari trop pris par son métier, se laisse séduire et va passer la nuit chez son séducteur, dans une maison située de l’autre coté de la rivière.

Pour rentrer chez elle, le lendemain, avant le retour de son mari qui rentre de voyage, elle doit retraverser le pont ; mais un fou menaçant lui interdit le passage.

Elle va trouver un passeur.
Elle lui explique tout, mais elle n’a pas d’argent sur elle et il refuse de travailler sans être payé d’avance.

Elle va alors trouver son amant et lui demande de l’argent. Il refuse sans donner d’explications.

Elle va alors trouver un ami célibataire qui habite du même coté de la rivière et qui lui voue, depuis toujours, un amour idéal, mais auquel elle n’a jamais cédé.
Elle lui explique tout et lui demande de l’argent. Il refuse, déçu qu’elle se soit donnée à un autre.

Elle décide alors, après une dernière tentative vaine auprès du passeur, de traverser le pont.

Le fou la tua.


Questions
( Réfléchir et répondre individuellement PUIS, collectivement, tenter de trouver des réponses unanimes )

1) Lequel de ces 6 personnages peut-il être tenu pour responsable de cette mort ?
2) Etablir un classement du plus responsable au moins responsable




L'objectif de l'exercice est de faire en sorte - alors que tous les participants ont une opinions différentes - pour trouver une solution collective. Cette méthode est utile dans le cas de conflits, notament graves.

Pourquoi faut-il qu'il y ait unanimité (et non majorité), pourrait-on s'interroger ?
Parceque, lorsque le problème posé met en jeu des points de vue et affects très personnels, si l'on veut que l'adhésion à la solution soit forte - et que chacun ait envie de la respecter dans le temps - on ne peut se contenter d'une majorité qui laisse invariablement des insatisfaits.


Cet exercice peut être réalisé sous forme de dictée
. Ainsi, au fur et à mesure qu'ils écrivent lentement l'histoire, les participants se font une opinion rigide, indéboulonnable. On peut aussi demander à chacun de noter par écrit ses conclusions personnelles, ce qui fige encore davantage les opinions. L'écrit, effet, cristallise la pensée.


Pour résoudre ce type de problématique
, il faut en général une personne dite "neutre" qui ne discute pas des idées mais se focalise sur le respect de la démarche.
Il arrive, dans certains groupes, qu'une personne propose spontanément ce type d'approche mais elle a souvent du mal à se faire entendre par les autres à moins qu'elle n'ait un charisme exceptionnel. Autre piège, ce leader a souvent aussi sa propre opinion et, à un moment où un autre, délaisse la méthode pour repartir dans le débat des opinions.



Retrouvez les formations qui évoquent la gestion de conflit dans notre catalogue formation
N'hésitez pas à nous contacter par mail ou téléphone (06 11 40 88 41).

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