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17 décembre 2010

L'entretien annuel ne doit plus rester le pensum de fin d'année

La fin de l'année est proche. Cadres et collaborateurs se retrouvent de nouveau face à face pour le rituel de l'entretien annuel.
Un entretien finalement encore trop souvent mal vécu par les uns et les autres.



1. Une mauvaise perception de l'évaluation

L'évaluation, comme le contrôle, est souvent connotée de manière négative. Nous avons tous de douloureux souvenirs de nos années d'écoliers, lorsque la "sanction de la note" tombait parfois injustement après un travail personnel pourtant approfondi et, adultes, nous projetons sur l'évaluation annuelle cette même crainte de la sanction.

C'est que l'on confond fréquemment "évaluation" et "contrôle" avec "mesure du résultat".

Alors que les démarches qualité, pourtant bien implantées dans les organisations, auraient du transformer notre perception de l'évaluation et du contrôle, en management, il semble que la règle spontanée soit encore de mesurer le résultat et non de valider les différents vecteurs ayant conduit à celui-ci.

Ce faisant, le manager risque de ne valoriser réellement que ceux qui ont atteint leurs objectifs et d'omettre de souligner les qualités dont font toutefois preuve les moins performants.


Changeons donc de paradigme et parlons plutôt d'entretiens de progrès et non plus d'entretiens d'évaluation.


En modifiant le terme, on comprend mieux la finalité de l'exercice et l'on intègre presque naturellement l'approche motivante et objective qui le sous-tend.

Comme dans la démarche qualité, il s'agit en effet de se concentrer sur l'analyse des processus conduisant au résultat et non sur ce dernier. En cas de problème, il ne s'agit plus de charger le "fautif" mais de trouver des solutions concrètes aux difficultés rencontrées.


2. Un manque de temps à toutes les étapes

Le manque de temps est souvent mis en cause dès lors que l'on aborde le sujet des entretiens annuels. La charge de travail de l'encadrement est indéniable et il lui est souvent difficile de trouver le temps de préparer suffisamment ces rendez-vous de fin d'année et de consacrer, à chacun des collaborateurs, le temps nécessaire.

La préparation et le temps sont pourtant deux éléments essentiels à la réussite de ces rencontres formelles.

La préparation : de l'analyse aux solutions

  • Elle doit être réalisée par le manager ET par le collaborateur qui doit pouvoir, lui-aussi, réfléchir aux différents items, à ses points forts et à ses difficultés.
Pour que l'échange ait vraiment lieu, encore faut-il que les deux interlocuteurs soient sur un pied d'égalité quant à la réflexion en amont. Le collaborateur impliqué tirera beaucoup plus de bénéfices de l'entretien que celui qui "subit" sans participer.
  • Il ne s'agit pas uniquement de diagnostiquer les points faibles mais aussi de mettre en lumière les points d'appui de chacun.
Il est en effet important de passer de la compétence inconsciente à la compétence consciente, source d'assurance et de motivation.
  • En outre, une fois les difficultés exprimées, c'est la réflexion sur les solutions qui importe.
Trop souvent, les conclusions de l'entretien se limitent à des injonctions sans qu'aucun moyen particulier ni plan d'action ne soit dédié aux progrès du collaborateur.

Les formations proposées doivent être en lien avec les axes de progrès, bien entendu. Cela dit, la formation n'est pas le remède miracle qui dédouane l'encadrement et permet, seule, des avancées spectaculaires. Le manager doit aussi savoir remettre en cause ses pratiques (Motive-t-il correctement son collaborateur ? Lui donne-t-il des responsabilités précises ? S'assure-t-il des moyens fournis ?).

La plupart du temps, le plan de progression doit impliquer à la fois la DRH, le collaborateur mais aussi le manager.


Le temps : avant, mais aussi pendant l'entretien

Au delà de la réflexion personnelle du manager, qui elle-même nécessite du temps, il faut prévoir une durée d'entretien qui permette au collaborateur de s'exprimer car il n'est pas toujours aisé de se mettre en confiance, d'accepter les compliments ou de parler de ses faiblesses.

L'entretien doit permettre de lever les freins et les blocages. Il faut donc prévoir du temps pour :
  • Remercier le collaborateur de sa préparation et lui expliquer la manière dont va se dérouler l'entretien.
Ce n'est pas parce que l'exercice est réalisé chaque année que cette étape introductive doit être bâclée car c'est elle qui permet à chacun de s'installer dans le dialogue ouvert et constructif.
  • Faire un bilan objectif.
Le plus souvent, nous exprimons nos idées sous forme d'opinions sans même nous en rendre compte. Or notre opinion est souvent différente de celle d'autrui ce qui risque de bloquer la relation. Lors de l'entretien annuel, l'objectivité doit être de mise. "Ne pas travailler assez" ne veut rien dire. D'ailleurs "Travailler correctement" non plus !
Le bilan ne sera constructif que si chacun parle de faits, ce qui prend en général plus de temps que de donner un simple avis global.
  • Féliciter.
Même si les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, le salarié a néanmoins participé au collectif et, à ce titre, son mérite doit être reconnu. Chaque aptitude ou compétence révélée dans le cadre de son travail doit être soulignée pour encourager et motiver. C'est aussi parce qu'il sait reconnaître le mérite que le manager pourra ensuite mettre en exergue les points de progression.
Cette étape de félicitation et de valorisation ne doit donc pas être bâclée ou minimisée mais, a contrario, prendre autant de temps si possible que l'étape des améliorations.
  • Élaborer un plan de progression.
Même si le manager a déjà une idée assez précise de ce qu'il va pouvoir proposer comme démarche de progrès, il est nécessaire que le collaborateur puisse donner son avis, exprimer ses freins éventuels ou ses demandes particulières.
Parler de l'avenir est aussi un gage de motivation et c'est bien ce qui sera fait l'année suivante qui importe lors de l'entretien annuel.
  • Conclure.
Même si le temps vous presse et que chacun est soulagé d'en avoir terminé, cette étape est importante car elle permet de renouveler la confiance du manager envers son collaborateur.

3. Un suivi parfois inexistant

Trop fréquemment, une fois l'entretien annuel terminé, on n'y revient plus pendant une année. Le collaborateur se retrouve ainsi souvent livré à lui-même pendant plusieurs mois, sans savoir si oui ou non, sa performance est correcte et ses progrès effectifs.
D'autre part, les demandes de formation restent souvent lettres mortes. Il serait pourtant facile au manager de donner du feedback sur les possibilités qu'a l'entreprise ou non de répondre aux demandes des salariés.

Un processus de progrès bien mené exige au contraire une information régulière et fluide auprès du collaborateur et des points de rencontres réguliers pour faire le bilan sur le plan d'actions et les améliorations remarquées.


En complément :

Comment réussir son entretien annuel d'évaluation
Emploi.France5
Réussir ses entretiens d'évaluation Journal du Net

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5 décembre 2010

Parmi les 45 000 organismes de formation, combien considèrent le client comme un gogo ?


En étudiant le projet de formation qui vient de tomber dans ma boite mail, j'hésite entre colère et rire...

Et puis non, en fait, j'opte clairement pour la colère !

Et je me demande comment certaines entreprises peuvent gaspiller leur budget de formation en achetant des propositions aussi irréalistes, frisant d'évidence le ridicule...

Parmi les 45 777
(!) organismes de formation qui ont un numéro d’agrément (chiffres DARES pour l’année 2005), combien considèrent le client comme un gogo ?

Et pourquoi diable les OPCA acceptent-ils encore de financer le genre de "plan de formation" que j'ai entre les mains à l'instant ?


Mais voyons un peu ce que comporte cette "formation" ...


1) L'objectif global de "la chose" est : "optimiser l'accueil physique et téléphonique".

Soit.
En découle une série de 8 sous-objectifs pédagogiques qui vont de "savoir prendre contact avec un visiteur" jusqu'à "être à l'écoute des besoins de ses interlocuteurs" en passant par "savoir répondre aux objections" et "faire face au situations difficiles".

Le "contenu" résumé de la formation est ensuite décrit sur presque 2 pages, ce qui laisse entrevoir la quantité de messages à faire passer au cours de la dite formation.

Car le tout est censé se dérouler sur UNE seule journée !!!

2) Le nombre de participants peut atteindre 8 stagiaires et les méthodes pédagogiques se prétendent "actives et participatives".

On se demande de quelle manière un formateur sérieux pourrait à la fois procéder au gavage théorique précisé ci-dessus et utiliser pour ce faire des techniques pédagogiques participatives.

Car chacun sait dans le métier - ou du moins devrait savoir - que le participatif, très efficace en terme de mémorisation et d'implication, est aussi bien plus chronophage que l'exposé didactique et formel.

En effet, il ne s'agit pas alors de dérouler un PowerPoint et de s'en faire le perroquet mais d'utiliser des supports variés pour alterner séquences didactiques et surtout séquences de découverte et séquences applicatives.

Les échanges, les débats, des travaux en sous-groupes ou les cas pratiques nécessitent du temps. Les mises en application au travers de jeux de rôle sont, en particulier, des séquences longues.

Les moyens et méthodes pédagogiques sont donc totalement inapplicables dans le contexte décrit au point 1) !


En conclusion :
  • Des organismes de formation continue, peu scrupuleux et surtout soucieux de leur CA, proposent donc n'importe quoi à des tarifs défiant évidemment toute concurrence.
  • Des entreprises confient visiblement la gestion de leur budget et plan de formation à des personnes n'ayant aucune compétence en pédagogie pour adulte.
  • Des responsables de formation choisissent le moins disant sans se préoccuper des véritables conséquences de leurs choix.
  • Les Opca, pourtant désormais censés jouer un rôle majeur en terme qualitatif, ferment les yeux, davantage obnubilés par leur ratio quantitatif.

Et ce sont en définitive les salariés qui en subissent les conséquences en perdant finalement leur temps dans des formations en trompe-l'œil. Lire un bon ouvrage sur le sujet leur aurait été, somme toute, aussi profitable !


Pour notre part chez TerraNueva, nous attendons des Opca qu'ils jouent leur rôle, qu'ils analysent avec sérieux la faisabilité et la crédibilité des formations qu'ils financent.

Nous nous intéressons à tous les outils et démarches qui permettent une évaluation objective de l'impact des formations.

Nous dédions le nombre d'heures nécessaires à l'atteinte des objectifs de nos clients et à l'acquisition réelle des savoirs, savoir-faire et savoir-être.

Bref, nous refusons cette course au business qui jette l'opprobre sur l'ensemble d'une profession qui compte pourtant de très sérieux professionnels.



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1 décembre 2010

La génération Y en vidéo

Comme de belles images valent souvent mieux que de longs discours, voici une vidéo très bien réalisée pour expliquer ce qu'est la fameuse « génération Y » et les digital natives.
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